Saracroche bloque le démarchage téléphonique

Saracroche n’a peut-être pas le charisme de Sarah Connor, mais si votre téléphone sonne sans arrêt pour vous vendre une isolation à 1 euro ou un CPF sorti de nulle part, elle peut clairement devenir votre meilleure alliée. D’après la source, cette application française gratuite s’attaque au démarchage téléphonique avec une promesse simple : filtrer les appels indésirables sans transformer votre smartphone en panneau publicitaire.

Et honnêtement, rien que l’idée mérite qu’on s’y attarde. Parce que le démarchage, on nous explique régulièrement qu’il va être mieux encadré, mieux limité, mieux contrôlé. Dans la vraie vie, beaucoup ont surtout l’impression que ça continue, encore et encore.

Sarah Connor ? Non, Saracroche

Le nom fait sourire, et c’est déjà un bon début. Mais derrière ce clin d’œil, il y a surtout une application développée par un Toulousain, Camille Bouvat, et relayée par Clubic via Ici. Son objectif est limpide : proposer un outil simple, gratuit, transparent et respectueux de la vie privée.

Sur le papier, c’est exactement ce qu’on attend de ce genre de solution. Pas une usine à gaz. Pas un service qui récupère tout ce qu’il peut. Pas une appli gratuite qui vous fait payer autrement avec de la pub ou un modèle opaque.

Saracroche aurait déjà été téléchargée par près de 600 000 personnes et serait capable de bloquer environ 15 millions de numéros publicitaires. Dit comme ça, le volume donne une idée du problème : si une application peut déjà filtrer autant de numéros, c’est bien qu’il y avait matière à faire.

Pourquoi cette application arrive au bon moment

Le sujet du démarchage téléphonique revient sans cesse. Il y a les annonces politiques, les ajustements réglementaires, les listes d’opposition, les préfixes dédiés, les recommandations de bon sens. Et malgré cela, le téléphone continue de sonner pour de mauvaises raisons.

La force de Saracroche, si l’on s’en tient aux éléments disponibles, c’est qu’elle ne promet pas de régler à elle seule un problème systémique. Elle apporte plutôt une réponse pratique, immédiate, côté utilisateur. Et ça, en informatique comme ailleurs, c’est souvent ce qui fait la différence entre une belle intention et un outil réellement utilisé.

L’application bloquerait à la fois des numéros autorisés de démarchage, notamment certains préfixes dédiés, et des numéros déjà identifiés comme liés au hameçonnage, y compris certains commençant par 07. Autrement dit, elle ne se limite pas au vendeur insistant : elle vise aussi une partie des usages franchement plus douteux.

Une approche qui inspire davantage confiance

Un détail me paraît particulièrement intéressant dans cette histoire : Saracroche est annoncée comme open source. Ce n’est pas un gadget marketing. Quand une application prétend protéger vos appels et respecter votre vie privée, le fait que son code soit ouvert change quand même la perception.

Évidemment, open source ne veut pas dire parfait par magie. Mais cela va dans le bon sens. Cela donne une cohérence au discours du créateur, qui explique vouloir faire quelque chose de transparent et respectueux de la vie privée.

On retrouve là une idée assez simple : quand un outil touche à des données sensibles ou à des usages personnels, il vaut mieux qu’il inspire confiance par sa conception, pas seulement par sa communication. Sur ce point, Saracroche semble cocher plusieurs cases intéressantes :

  • application gratuite ;
  • absence de publicité ;
  • code open source ;
  • objectif clair et concret ;
  • amélioration continue financée par des dons.

Ce n’est pas une garantie absolue d’efficacité, mais c’est une base plutôt saine.

Le vrai sujet : reprendre le contrôle

Ce qui fatigue le plus avec le démarchage téléphonique, ce n’est pas seulement la nuisance. C’est le sentiment de subir. On filtre, on bloque, on signale, on s’inscrit à des dispositifs existants, puis un autre numéro arrive. Même porter plainte n’a pas plus d’efficacité. Souvent, on finit même par hésiter à décrocher pour des appels légitimes.

Dans ce contexte, Saracroche répond à un besoin très concret : redonner un peu de maîtrise à l’utilisateur. Pas dans un grand discours théorique, mais dans l’usage quotidien. Le téléphone redevient un outil, pas une loterie.

Et c’est probablement pour cela que ce type d’application peut rencontrer son public. Quand une solution est simple à comprendre, simple à installer et simple à utiliser, elle a bien plus de chances d’entrer dans la routine. C’est souvent là que beaucoup d’outils échouent : ils veulent tout faire, finissent compliqués, et l’utilisateur abandonne.

Demain, les SMS frauduleux

La prochaine étape évoquée dans la source est tout sauf anecdotique : le blocage des SMS d’arnaque. Là aussi, le besoin est évident. Faux livreurs, faux colis, faux paiements, faux messages urgents : l’escroquerie par SMS est devenue un classique.

Si Saracroche parvient à étendre son périmètre à ce terrain, l’application pourrait devenir encore plus utile au quotidien. Parce qu’au fond, les appels indésirables et les SMS frauduleux relèvent du même problème : capter votre attention, provoquer une réaction rapide, et profiter d’un moment d’inattention.

Il faudra évidemment voir comment cette évolution sera mise en œuvre, avec quelle efficacité et quelles limites. Sur ce point, prudence : la source évoque une ambition, pas un résultat déjà déployé à grande échelle.

Faut-il l’essayer ?

À ce stade, la réponse la plus honnête est oui, si vous êtes régulièrement confronté au démarchage téléphonique et que vous cherchez une solution pratique. Les éléments rapportés sont plutôt encourageants : une base d’utilisateurs déjà importante, un volume de numéros bloqués conséquent, un modèle gratuit, et une philosophie technique qui semble propre.

En revanche, il faut garder la tête froide. Aucune application ne fera disparaître d’un coup tous les appels indésirables. Les acteurs du démarchage et de la fraude savent contourner des règles, changer de numéros, adapter leurs méthodes. Il est donc plus raisonnable de voir Saracroche comme un bon bouclier supplémentaire, pas comme une solution miracle.

Mais parfois, un bon bouclier suffit déjà à respirer un peu mieux.

En conclusion

Saracroche a pour elle ce que beaucoup d’outils numériques oublient : une promesse lisible, un usage concret et une approche qui semble respectueuse de l’utilisateur. Rien que pour cela, elle mérite l’attention. Et si elle réussit demain à traiter aussi les SMS frauduleux, elle pourrait devenir une petite référence française de l’hygiène numérique du quotidien.

Bref, Sarah Connor sauvait l’humanité. Saracroche, elle, peut au moins sauver votre tranquillité entre midi et deux.

Source : https://www.clubic.com/actualite-610612-demarchage-telephonique-cette-solution-gratuite-francaise-bloque-enfin-les-appels-indesirables.html

Garder son smartphone 10 ans, enfin ?

Garder son smartphone 10 ans paraît presque banal quand on parle d’écologie. Et pourtant, dans les faits, on en est encore loin. Entre l’envie de nouveauté, les limites logicielles, la réparabilité souvent moyenne et un marché bâti sur le renouvellement, l’idée ressemble davantage à une rupture qu’à un simple ajustement.

L’hypothèse a pourtant du sens. D’après les éléments relayés autour des travaux de l’Ademe, l’essentiel de l’empreinte carbone d’un smartphone se joue au moment de sa fabrication. Dit autrement : plus on l’utilise longtemps, plus on amortit son impact. Sur le principe, c’est difficile à contester.

Mais comme souvent avec le numérique, la bonne idée théorique se heurte vite à la réalité pratique.

Garder son smartphone 10 ans demande plus qu’un effort individuel

Le premier réflexe consiste à renvoyer la responsabilité vers l’utilisateur : il suffirait d’acheter moins souvent. C’est vrai, mais seulement en partie. On ne peut pas demander à tout le monde de conserver son téléphone pendant une décennie si, dans le même temps, les appareils restent difficiles à réparer, peu évolutifs ou limités par un support logiciel trop court.

Le sujet n’est donc pas seulement moral. Il est aussi industriel. Si l’on veut des smartphones réellement durables, il faut au minimum :

  • des appareils plus robustes ;
  • des pièces disponibles longtemps ;
  • une meilleure réparabilité ;
  • un support logiciel étendu ;
  • une compatibilité qui ne s’effondre pas au bout de quelques années.

Sans cela, parler de sobriété numérique revient parfois à demander au consommateur de compenser seul des choix de conception qu’il ne maîtrise pas.

Réparabilité d’un smartphone pour le garder plus longtemps
Réparabilité d’un smartphone pour le garder plus longtemps

Le vrai problème, c’est aussi l’obsolescence d’usage

Il y a une autre vérité qu’on évite souvent : beaucoup de smartphones sont remplacés alors qu’ils fonctionnent encore. Pas parfaitement, pas aussi vite qu’au premier jour, mais suffisamment pour la majorité des usages. C’est là que l’éditorial commence vraiment.

Nous avons collectivement accepté l’idée qu’un téléphone de deux ou trois ans serait déjà “vieux”. Ce glissement est redoutable. Il ne repose pas toujours sur un besoin réel, mais sur une accumulation de signaux : marketing, photographie un peu meilleure, design légèrement revu, batterie qui fatigue, promesse d’IA embarquée, ou simple habitude de renouvellement.

Le plus gênant n’est pas le progrès technique. Le plus gênant, c’est quand il devient une injonction permanente. On finit par confondre confort, envie et nécessité.

Un smartphone plus durable coûtera peut-être plus cher, et ce n’est pas absurde

Le scénario évoqué par l’Ademe rappelle aussi un point important : des téléphones conçus pour durer pourraient coûter plus cher à l’achat. Dit comme cela, le message passe mal. Pourtant, si l’appareil dure bien plus longtemps, le coût annuel peut au contraire baisser.

C’est probablement là qu’il faut changer de logique. On regarde encore trop le prix d’entrée, pas assez le coût total de possession. Un smartphone moins jetable, mieux suivi et réparable peut être plus rationnel économiquement, pas seulement plus vertueux écologiquement.

Comparer smartphone neuf et smartphone conservé plusieurs années
Comparer smartphone neuf et smartphone conservé plusieurs années

Ce monde-là serait moins spectaculaire, mais plus mature

Un monde où l’on garderait son smartphone 10 ans serait sans doute moins excitant pour l’industrie, moins rythmé par les lancements, moins dépendant de la nouveauté permanente. Mais il serait aussi plus cohérent.

On y parlerait davantage de maintenance que de hype, davantage de durée que de désir immédiat. Et franchement, ce ne serait pas un recul. Ce serait peut-être enfin une forme de maturité numérique.

Reste une question simple : sommes-nous prêts à valoriser un téléphone qui dure autant qu’un appareil qui brille ? C’est probablement là que tout se joue.

Source : https://www.lesnumeriques.com/telephone-portable/a-quoi-ressemblerait-un-monde-ou-l-on-garde-nos-smartphones-pendant-10-ans-n254671.html

DeepClaude : pourquoi ça agite Claude Code

DeepClaude fait parler de lui parce qu’il touche à un point très sensible dans l’IA de développement : le prix. L’idée est simple sur le papier, mais redoutable dans ses conséquences possibles. Un projet open source propose de conserver l’environnement autonome de Claude Code, tout en remplaçant le modèle sous-jacent par DeepSeek V4 Pro. D’après la source, cela permettrait d’obtenir un coût d’inférence jusqu’à 17 fois moins élevé, avec des performances jugées comparables sur une large partie des tâches.

Dit autrement, ce n’est pas seulement un nouvel outil. C’est une manière de dissocier l’interface agentique, les automatismes et les outils d’un côté, et le moteur de génération de l’autre. Et cela pose immédiatement une question : si l’expérience reste proche, qu’est-ce qui justifie encore l’écart de prix ?

DeepClaude, c’est quoi exactement ?

Selon la source, DeepClaude est un projet open source publié sur GitHub qui reprend l’environnement agentique de Claude Code : boucle autonome, outils, interface, exécution de commandes, gestion de workflows et travail sur des dépôts de code. La différence, c’est que le modèle utilisé en arrière-plan n’est plus celui d’Anthropic, mais DeepSeek V4 Pro.

C’est un point important à comprendre. Ce qui intéresse beaucoup de développeurs dans Claude Code, ce n’est pas uniquement la qualité brute du modèle, mais l’ensemble de l’expérience : capacité à lire et modifier des fichiers, à enchaîner des étapes, à lancer des commandes bash, à travailler sur une base de code entière, voire à orchestrer des sous-tâches. DeepClaude s’inscrit précisément sur ce terrain.

Pourquoi le sujet du prix revient aussi fort

Le succès de ce type d’outil vient avec une contrepartie : l’usage agentique consomme beaucoup. Quand un assistant ne se contente plus de répondre à une question, mais explore un dépôt, relit des fichiers, propose des modifications, relance des commandes et itère, la facture peut grimper rapidement.

La source rappelle la structure tarifaire de Claude Code chez Anthropic :

  • un plan Pro à 20 dollars par mois présenté comme porte d’entrée ;
  • un plan Max 5x à 100 dollars par mois ;
  • un plan Max 20x à 200 dollars par mois ;
  • et, en dehors des abonnements, une utilisation via API potentiellement bien plus coûteuse.

Elle souligne aussi qu’un quota de 44 000 tokens sur une fenêtre de cinq heures peut devenir limitant pour des usages intensifs. Pour un développeur qui travaille longtemps sur une grosse base de code, cela n’a rien d’anecdotique. On comprend alors pourquoi toute solution promettant une forte baisse des coûts attire immédiatement l’attention.

La source cite même le cas d’un développeur ayant documenté une consommation de dix milliards de tokens sur huit mois d’usage quotidien, pour un coût estimé à plus de 15 000 dollars au tarif API, contre 800 dollars avec un abonnement Max à 100 dollars par mois. Même sans généraliser ce cas à tous les profils, l’ordre de grandeur suffit à expliquer la sensibilité du sujet.

Ce que DeepClaude change dans la discussion

Avec DeepClaude, le débat ne porte plus seulement sur la qualité d’un modèle, mais sur la valeur réelle de chaque couche du produit. Si l’environnement agentique peut être conservé et que le moteur peut être remplacé par un autre modèle moins cher, alors la proposition de valeur se déplace.

En clair, plusieurs éléments se retrouvent séparés :

  • l’interface et l’expérience utilisateur ;
  • la boucle autonome et les outils ;
  • le modèle de langage lui-même ;
  • la politique tarifaire associée.

Jusqu’ici, beaucoup d’acteurs vendaient un ensemble difficile à découper. Ce type de projet montre au contraire qu’une partie du marché cherche à modulariser l’IA de développement. Pour les utilisateurs, c’est potentiellement plus de liberté. Pour les fournisseurs, c’est aussi plus de pression concurrentielle.

Un contexte déjà tendu autour de Claude Code

La source rappelle un épisode qui a visiblement marqué la communauté : fin avril, Anthropic aurait modifié sa page tarifaire pour ne plus inclure Claude Code dans le plan Pro, en le réservant aux offres Max à 100 ou 200 dollars par mois, avant de revenir en arrière quelques heures plus tard.

Ce recul rapide montre au moins une chose : le sujet est explosif. Dès qu’un outil devient central dans les habitudes de travail des développeurs, toute évolution de prix ou de quota est perçue comme un risque direct. La réaction observée sur Reddit, Hacker News et Twitter, mentionnée dans la source, illustre bien cette dépendance croissante.

Dans ce contexte, l’arrivée d’un projet comme DeepClaude tombe au moment parfait. Il ne crée pas la frustration ; il capte une frustration déjà existante.

DeepSeek V4 Pro, l’autre pièce du puzzle

La source présente DeepSeek V4 Pro comme le modèle branché derrière DeepClaude. Elle indique qu’il est sorti le 24 avril 2026 et le décrit comme un modèle de type mixture of experts avec 1 600 milliards de paramètres totaux, dont 49 milliards activés par token.

À ce stade, il faut rester prudent : l’article source met surtout en avant le rapport coût/performance et le fait que les performances seraient comparables sur environ 80 % des tâches. C’est une information intéressante, mais qui demande toujours à être interprétée avec nuance. En pratique, tout dépend du type de tâches, du niveau d’exigence, du contexte de code, de la tolérance aux erreurs et de la façon dont les tests ont été menés.

Autrement dit, comparable ne veut pas dire identique. Mais dans un marché où le coût pèse lourd, être « assez proche » peut déjà suffire à changer les arbitrages.

Ce qu’il faut retenir pour les développeurs

Si l’on s’en tient aux faits rapportés par la source, DeepClaude est surtout le signe d’une évolution du marché. Les développeurs ne veulent plus seulement le meilleur modèle possible. Ils veulent aussi un outil soutenable, prévisible en coût, et adaptable à leurs usages réels.

Les points à retenir sont donc assez simples :

  1. le coût de l’IA agentique devient un sujet majeur ;
  2. les couches techniques se découplent de plus en plus ;
  3. l’open source accélère la remise en question des offres propriétaires ;
  4. la bataille ne se joue plus uniquement sur la qualité brute, mais sur le rapport entre prix, autonomie et confort d’usage.

Pour l’instant, DeepClaude apparaît surtout comme un révélateur. Il montre qu’un environnement de développement assisté par IA peut être perçu comme trop cher, même lorsqu’il est apprécié. Et il rappelle qu’en informatique, dès qu’une brique semble surtarifée, quelqu’un finit souvent par essayer de la remplacer.

La suite sera intéressante à observer. Si ce type d’approche se confirme, les éditeurs devront sans doute mieux justifier leur prix, ou revoir leur modèle. Et pour les développeurs, cela pourrait signifier davantage de choix, ce qui n’est jamais une mauvaise nouvelle.

Source : https://intelligence-artificielle.developpez.com/actu/382809/DeepClaude-l-environnement-autonome-de-Claude-Code-branche-sur-DeepSeek-V4-Pro-dix-sept-fois-moins-cher-que-l-inference-native-d-Anthropic-pour-des-performances-comparables-sur-80-pourcent-des-taches/

Jeu vidéo adulte : au-delà du cliché

Le jeu vidéo adulte reste souvent coincé entre deux caricatures : le loisir immature d’un côté, l’activité moderne et forcément positive de l’autre. La réalité est plus intéressante. Jouer à l’âge adulte n’est ni un problème en soi, ni une preuve automatique d’équilibre, de performance cognitive ou d’épanouissement personnel. C’est un usage culturel, social et parfois mentalement stimulant, dont la valeur dépend surtout du contexte, du temps accordé, des habitudes de vie et de la manière de jouer.

Le sujet mérite donc mieux qu’un titre spectaculaire ou qu’une promesse trop belle. Quand on parle de jeu vidéo chez les 30-40 ans, il faut distinguer ce qui relève de l’observation raisonnable, de l’expérience vécue, et de l’interprétation un peu rapide.

Pourquoi le jeu vidéo adulte reste mal compris

Il y a encore une vieille idée qui colle à la peau du média : jouer serait une activité d’adolescent boutonneux prolongée un peu trop longtemps. Cette vision a pourtant vieilli. Les joueurs ont grandi, mais ils n’ont pas forcément abandonné leurs pratiques. Le jeu vidéo est devenu un loisir installé, au même titre que les séries, le sport amateur, les jeux de société ou la lecture.

Le problème, c’est qu’on continue souvent à juger le jeu vidéo adulte avec des catégories anciennes. Si un adulte regarde une série pendant trois heures, cela semble banal. S’il passe le même temps sur un jeu de stratégie, de gestion ou d’aventure, certains y verront encore une perte de temps. Cette différence de perception en dit souvent plus sur notre hiérarchie culturelle que sur la pratique elle-même.

Il faut aussi reconnaître que le jeu vidéo a changé. Il ne s’agit plus seulement de réflexes ou de compétition. Il existe des jeux contemplatifs, narratifs, coopératifs, tactiques, créatifs. On peut y chercher du défi, du lien social, de la détente ou simplement un moment à soi.

Ce que le jeu vidéo peut réellement apporter à l’âge adulte

Sans tomber dans l’exagération, il est raisonnable de dire que jouer peut mobiliser plusieurs compétences. Selon les types de jeux, on sollicite la mémoire, l’attention, la planification, la coordination, la prise de décision rapide, ou encore la capacité à résoudre des problèmes. Cela ne transforme pas magiquement un joueur en personne plus performante dans tous les domaines, mais cela montre que l’activité n’est pas forcément passive.

Le jeu vidéo peut aussi avoir une fonction de récupération mentale. Après une journée dense, certaines personnes ont besoin d’un loisir actif mais cadré, avec des règles, des objectifs et un sentiment de progression. C’est parfois plus reposant qu’un flux continu de vidéos ou de réseaux sociaux. Le cerveau change d’objet, se concentre, et retrouve une forme de respiration. Quel bonheur de prendre la manette ou le clavier après une grosse journée de travail.

Autre point souvent sous-estimé : la dimension sociale. Beaucoup d’adultes jouent pour maintenir un lien. Une partie en ligne, un jeu coopératif ou même une discussion autour d’un univers partagé peuvent devenir de vrais rituels. À l’âge où les agendas se remplissent, où les amis se voient moins facilement, ces espaces comptent.

  • Stimulation cognitive selon les genres de jeux
  • Détente structurée après le travail
  • Lien social avec des amis ou une communauté
  • Sentiment de progression et de maîtrise
  • Évasion sans être forcément déconnexion totale du réel

Attention aux promesses trop simples sur les bénéfices à long terme

C’est ici qu’il faut rester prudent. Le contenu source fourni n’est pas exploitable factuellement, car il ne contient pas l’article mais seulement une page de blocage technique. On ne peut donc pas reprendre ni valider sérieusement l’affirmation évoquée dans son titre. Dire que des adultes qui jouent aujourd’hui construiraient quelque chose dont les effets n’apparaîtraient qu’à 70 ans est une thèse forte. Peut-être intéressante, mais certainement pas à reprendre sans accès à l’étude, à sa méthodologie et à ses limites.

Ce genre de formulation attire, mais il faut s’en méfier. En psychologie comme en santé, une corrélation n’est pas une preuve simple de causalité. Des adultes qui jouent régulièrement peuvent aussi avoir d’autres habitudes favorables : curiosité, sociabilité, niveau d’éducation, rapport à la technologie, diversité des loisirs. Isoler l’effet réel du jeu vidéo est donc complexe.

Autrement dit, on peut défendre l’idée que le jeu vidéo adulte n’est pas absurde, ni vide, ni forcément nuisible. En revanche, prétendre qu’il garantit un bénéfice tardif très précis serait aller trop vite. L’analyse sérieuse consiste à dire : il existe des pistes crédibles sur les effets cognitifs, émotionnels ou sociaux de certaines pratiques, mais elles demandent nuance et contexte.

Le vrai sujet : comment on joue, et non seulement combien

On parle souvent du temps d’écran comme s’il suffisait à tout expliquer. C’est trop court. Deux heures de jeu ne se valent pas toujours. Il y a une différence entre jouer de manière choisie, équilibrée, en gardant le contrôle, et jouer par automatisme, par fuite ou au détriment du sommeil, du travail ou de la vie familiale.

La question utile n’est donc pas seulement : combien de temps ? Mais aussi : pour quoi faire, dans quel état, avec quelles conséquences ? Un adulte peut jouer régulièrement sans difficulté particulière. Il peut aussi utiliser le jeu comme sas de décompression. À l’inverse, une pratique qui empiète sur le reste, épuise ou isole devient problématique, comme n’importe quel loisir mal régulé.

Ce point est important car il évite deux erreurs :

  1. Démoniser toute pratique de jeu à l’âge adulte.
  2. Idéaliser le jeu vidéo comme outil de développement personnel universel.

La maturité sur ce sujet consiste justement à sortir de cette opposition.

Le jeu vidéo adulte comme marqueur culturel

Il y a aussi une lecture générationnelle. Les adultes de 30 à 40 ans d’aujourd’hui font partie des premières générations à avoir grandi avec les consoles, le PC familial, puis Internet. Pour eux, jouer n’est pas un exotisme. C’est un langage culturel connu, parfois aussi naturel que la musique ou le cinéma.

Ce basculement change beaucoup de choses. On ne joue plus malgré son âge, mais avec son âge, son expérience, ses contraintes et ses goûts. On choisit davantage. On trie mieux. On cherche parfois moins la performance brute que la qualité de l’expérience. Le jeu vidéo devient alors un loisir adulte non pas parce qu’il serait soudain sérieux, mais parce qu’il s’intègre dans une vie adulte réelle.

Et cela explique sans doute pourquoi le débat persiste. Le média n’est plus marginal, mais il continue de bousculer des représentations anciennes sur le temps utile, la culture légitime et la manière acceptable de se détendre.

Ce qu’il faut retenir

Le jeu vidéo adulte mérite une analyse calme. Oui, il peut stimuler, relier, détendre, structurer des moments de loisir et garder une vraie place dans une vie équilibrée. Non, cela ne veut pas dire que toute pratique est bénéfique ni que chaque étude supposée positive doit être prise pour argent comptant.

Le plus intéressant n’est pas de savoir si un adulte a encore le droit de jouer. Cette question est déjà dépassée. La vraie question est plutôt celle-ci : quelle place ce loisir prend-il, et qu’apporte-t-il concrètement à la personne qui joue ?

À partir de là, le débat devient enfin adulte lui aussi.

Source : https://www.jeuxvideo.com/news/2078383/la-psychologie-affirme-que-les-adultes-de-30-a-40-ans-qui-continuent-a-jouer-aux-jeux-video-construisent-quelque-chose-dont-ils-ne-verront-les-resultats-qu-a-l-age-de-70-ans.htm